La villégiature : de la « maison de campagne » à la villa Savoye

7 avril 2018 Exposition

Rendez-vous à la villa Savoye pour l'exposition "La villégiature : de la « maison de campagne » à la villa Savoye"

L’exposition propose un panorama historique et architectural de la maison de villégiature dans les Yvelines du château de Maisons-Laffitte à la villa Savoye.

La villégiature : de la « maison de campagne » à la villa Savoye

La villa Savoye construite par Le Corbusier à partir de 1928 s’inscrit dans la longue tradition de la villégiature de bords de ville, histoire dans laquelle Poissy et ses alentours occupent une grande place.

Dans l’Ancien régime, la villégiature est une pratique réservée aux élites princières et aristocratiques. Les territoires situés à l’ouest de Paris, le long des boucles de la Seine et au cœur des massifs forestiers ont accueillis de tous temps la villégiature, celle des souverains à Saint-Germain-en-Laye, Fontainebleau et Versailles, celle des aristocrates à Maisons-Laffitte ou Champs-sur-Marne.

C’est souvent sous le nom de « campagnes » que les petites villas de villégiature des trente premières années du XIXe siècle apparaissent dans les textes. S’inscrivant à la fois dans la tradition pittoresque des fabriques disposées dans les parcs aristocratiques du siècle précédent, elles procèdent aussi de ce courant romantique qui prend la nature comme inspiration architecturale.

La révolution industrielle permet à la grande bourgeoisie d’accéder à son tour à la pratique de la villégiature. Il y a plusieurs sortes de villégiatures. La première, plus ou moins éloignée de la ville, est celle qui a pour cadre les stations thermales ou balnéaires. La seconde prend place dans les campagnes proches des grands centres urbains, ce qui permet aux élites de ne pas s’éloigner trop de leurs activités économiques.

Cette migration saisonnière est facilitée par l’essor rapide des chemins de fer qui facilitent les trajets en rendant les séjours plus fréquents. La villégiature peut désormais être réduite au temps d’un week-end, plus tard, au début du XXe siècle, il est même possible de faire l’aller-retour quotidiennement.

Dans le choix des sites, l’attrait du paysage joue un rôle important. Les bords de rivières, les lisières de forêt, les pentes des coteaux constituent des atouts incomparables pour l’implantation des résidences.

Programme à part entière, la maison « suburbaine » devient un vecteur d’innovation architecturale, objet d’études, de traités et de recueils de modèles à l’usage des architectes et de leurs clients. L’habitation prend des formes diverses que recouvrent peu ou prou les appellations dont la signification initiale est parfois détournée : castel, villa, chalet, bungalow, cottage, pavillon, manoir, château, etc.

Au-delà des modèles classiques, l’architecture de la villégiature suit les modes et les courants stylistiques. Elle est ainsi un des symboles de l’éclectisme architectural caractéristique de la seconde moitié du XIXe siècle. Après l’Art Nouveau de la Belle Époque, c’est au tour du courant régionaliste de l’Entre-deux-guerres de revêtir les villas, concurrencé par le style Art déco et le mouvement moderne.

Un focus dans le garage de la villa Savoye, permettra de découvrir la Maison de Fer, son histoire mouvementée et le projet de sa reconstruction dans le parc Meissonier présenté par la direction des affaires culturelles de la Ville de Poissy. L’originalité de cette ancienne maison de villégiature repose sur la technique avec laquelle elle a été construite, un système de construction par tôles embouties, c’est-à dire une construction entièrement en métal. Elle est l’un des rares témoignages d’une époque industrielle florissante au tournant du XIXème siècle, où les constructions métalliques étaient synonymes d’innovation, de modernité et de confort.

Exposition présentée à la villa Savoye à partir du 7 avril 2018. Réalisée par la Villa Savoye - Centre des monuments nationaux et la Ville de Poissy. Réalisée par Franck Delorme, attaché de conservation à la Cité de l’architecture et du patrimoine et Sophie Cueille, conservateur général du patrimoine, Ministère de la Culture.